La Niña de los Peines

La Niña de los Peines
Pastora Pavon, la Niña de los Peines (1890-1969) est tenue comme la chanteuse de flamenco la plus renommée du 20ième siècle. Elle a interprété le cante jondo archaïque d’une façon sans pareille. Grâce à sa longue carrière de 50 années et au répertoire énorme, elle est considérée comme pièce de liaison entre le Edad de Oro, le siècle d’or de 1850 à 1920 et le flamenco moderne.

# Posté le vendredi 02 juin 2006 17:39

el lebrijano

el lebrijano
Juan Pena est un gitan à part, depuis son physique (il est blond aux yeux bleus) jusqu'à son idée du flamenco. Pour lui, c'est une oeuvre musicale qui englobe et réunit deux cultures qui coexistaient dans l'ancien Al-Andalus. Après trente ans de carrière, il nous offre aujourd'hui un travail très attendu, "Casablanca", oeuvre dont la musique est jouée par l'Orchestre Arabo-Andalou de Hassan II.

Depuis 1989, El Lebrijano n'entrait plus dans les studios. Il y est retourné pour "Tierra", une vision gitane de la Découverte de l'Amérique. Les raisons paraissent claires pour celui de Lebrija. "Moi, j'ai déjà 33 disques sur le marché. Sortir un autre disque sans raison ne m'intéresse pas. Si je ne trouve pas une raison, une justification, je ne le sors pas. J'ai travaillé pendant longtemps avant d'obtenir "Casablanca", qui a d'ailleurs beaucoup de connotations importantes du fait de l'avoir travaillé consciencieusement."

En 1983, il avait déjà collaboré avec l'Orquestre marocain de Tanger et Paco Cepero sur le disque "Encuentros", le mélange des musiques n'est donc pas une nouveauté pour lui. Il est clair que Juan Pena est fasciné par l'atmosphère arabe et sa musique : "Cela fait déjà 11 ans que je travaille, que je vis avec eux, que je vais les voir dans leurs villages... Je suis amoureux de la musique arabe pour beaucoup de raisons; elle comporte beaucoup de connotations musicales similaires aux nôtres, celles de l'Andalousie, pour la simple raison que nous avons été sous leur domination pendant 800 ans. Je pense que tout Andalou est amoureux de la musique arabe."

"Casablanca" est plus qu'un disque. On ressent quelque chose de très spirituel qui enveloppe tout : les images, la musique...il se crée une atmosphère qui semble refléter l'intérieur de cet artiste. "C'est un état d'âme, un état d'esprit, un état d'émotion, quand le disque commence, on découvre la situation : "je suis comme les gens qui vinrent sur ma terre, je suis le sang maure et ami du soleil, ils gagnèrent tout, ils perdirent tout..."

Cette partie "j'ai l'âme au parfum arabo-espagnol...", je l'adore, elle me permet de m'identifier complètement. C'est une situation agréable, que je ne peux définir mais que j'explique dans cette phrase, c'est fait avec la musique et non avec les mots, et c'est dans la pensée. Il y a également le message final, que les hommes s'entendent comme je m'entends musicalement avec ces peuples. Plus qu'un conseil, c'est un message d'espoir et de compréhension qui m'est venu à un moment et que j'ai mis par écrit."

Au niveau technique, ce disque comprend, en plus des collaborations musicales précédemment citées, d'autres collaborations d'un luxe authentique qui ont influencé le résultat final de ... "On m'a laissé une liberté totale pour faire ce disque, j'ai choisi mes producteurs, Jesùs Bola et Diego Carrasco. Nous avons travaillé 6 mois pendant lesquels nous avons vécu des expériences fortes et incroyables. Je crois que si j'avais travaillé avec d'autres, "Casablanca" aurait été différent. Il s'est crée un esprit de fraternité, d'effort et de liberté... il y a eu beaucoup de difficultés, beaucoup de voyages. Nous avons travaillé 8 heures par jour pendant 6 mois, et parfois on restait en studio 14 ou 15 heures. Mais il y avait des jours où l'on décidait de ne pas enregistrer et il n'y avait aucun problème."

En ce moment, El Lebrijano reconnaît qu'il n'a pas toujours ce "duende" (charme) que le public attend, et admet être un artiste assez inégal. "... l'art ne vient pas toujours, il se peut qu'aujourd'hui tu sois bien et que demain tu ne le sois plus, et ça, le public ne le comprend pas."

Il est certain que El Lebrijano fait des disques qui portent en eux quelque chose en plus, et dans lesquels il reflète des idées, des sentiments différents, et ce pas seulement dans "Casablanca" mais aussi dans "Tierra" ou dans "La palabra de Dios a un gitano". Il nous explique sa vision du flamenco : "Je ne sais pas pourquoi mais quand on fait du flamenco, on ne peut pas avoir de concept d'oeuvre ni chanter en faisant des cercles, mais seulement avec des chansons libres sans aucun parallèlisme, sans aucun objectif à suivre ou manière de se rencontrer. Dans ce pays, personne ne l'a jamais fait comme ça. Moi, depuis 1971 et "La palabra de Dios...", je le conçois ainsi, comme quelque chose ayant un sens, une oeuvre musicale."

Il est curieux que, dans un monde aussi fermé que celui du flamenco, il y ait des artistes qui pensent comme El Lebrijano, qui soient partisans de l'innovation du panorama actuel et de l'ouverture à d'autres musiques : "Nous portons en nous le métissage arabe depuis très longtemps, pour des raisons ethniques. Quant au "nuevo flamenco", c'est une fusion de bonnes musiques qui s'unissent pour donner quelque chose de beau. Je n'exclue pas de le faire un jour si je le peux, on ne sait jamais."

Juan Pena a commencé à chanter et à jouer de la guitare très jeune. Depuis ses 17 ans, il n'a pas arrêté de gagner des concours, comme par exemple celui de Mairena del Alcor, et a collaboré avec des artistes de taille comme Gades ou La Paquera de Jerez. Il tire de tout cela un bilan positif : "Je crois que j'ai beaucoup appris avec les années, en effet quand un disque est lancé avec succès dans le monde entier, il y a une raison. Je suis très content de ce disque, je crois avoir fait une musique importante, profonde, joyeuse, qui ne mène pas à la petitesse du marché, c'est différent de tout. Je crois qu'il va y avoir un avant et un après ce disque, étant donné que nous entrons dans une nouvelle époque, le XXI ème siècle."

Juan Pena "El Lebrijano" nous laisse sur cette idée encourageante et ouverte qui, espérons-le, deviendra une réalité, tout comme ses souhaits de fraternité et d'union des peuples. "Casablanca" peut être un bon début, musical tout au moins.

Maru Iglesias
Revista flamenca TABLAO
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# Posté le jeudi 01 juin 2006 18:48

Modifié le vendredi 02 juin 2006 13:52

Fréderico Garcìa Lorca

Fréderico Garcìa Lorca
Federico Garcia Lorca était un poète-musicien bien qu'il ait également pu être un musicien-poète. Federico Garcia Lorca est l'un des plus grands génies artistiques que l'Espagne ait connu; il est originaire de Fuente Vaqueros, à Grenade, terre fertile de la Vega arrosée par le fleuve Guadiana, où l'âme paysanne andalouse nourrit toute la passion qui le distingue.

Né en 1898, c'est naturellement qu'il rejoint le mouvement intellectuel qui, à partir des années trente, allait être appelé la "Génération du 98". L'énorme sensibilité artistique et poétique, alliée à une prolifique activité créatrice que lui-même a défini comme étant "d'usine", font de Lorca un écrivain de grande importance dans l'histoire lyrique espagnole. Mais son mérite ne s'arrête pas là. Ne se contentant pas d'être un bon écrivain, Federico Garcia Lorca sera non seulement un intellectuel engagé lors des évènements tragiques que son pays va traverser, mais aussi un infatigable défenseur des coutumes populaires espagnoles et andalouses. Le flamenco, composante de ce riche éventail de traditions, constitue ainsi un élément clé dans l'oeuvre du poète. Nous devons à Federico sa propre vie, tout simplement. Une vie à laquelle les forces de répression espagnoles mirent fin le 18 août 1936 à Viznar, Grenade. Il a vécu pour sa terre et il est mort pour elle, répandant sur elle son sang.
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# Posté le jeudi 01 juin 2006 18:40

Fréderico Garcìa Lorca et le Flamenco

Fréderico Garcìa Lorca et le Flamenco
D'après les écrits de Pedro Vaquero, la totalité de l'œuvre de Garcia Lorca est marquée par la musique. Le premier livre qu'il a publié, Impressions et Paysages, est dédié à son professeur de musique Antonio Segura. De la même façon, les titres des poèmes nous montrent que l'œuvre du poète grenadin est fondamentalement musicale. Des mots tels que chanson, suite, nocturne, chant de Noël, sérénade ou danse, sont une constante dans ses travaux.

Le goût de Federico pour la musique apparaît dès son plus jeune âge. Sa mère, grande amatrice de cet art, essaya de transmettre sa passion à tous ses enfants. Le gramophone tournait en permanence et son oncle Luis Garcia jouait du piano. Ils allèrent même jusqu'à monter une zarzuela (opérette) dans la maison familiale : "Mon enfance a consisté à apprendre les Lettres et les chansons avec ma mère, à être un enfant savant dans le village, un "autoritaire"", se souviendra Federico bien des années plus tard. Ce germe musical, qu'il a trouvé depuis son enfance parmi les siens, a fleuri pour lui donner une sensibilité artistique qui révéla rapidement ses aptitudes d'enfant prodige pour la musique et le piano. Au bout d'un certain temps, son professeur Antonio Segura conseilla à ses parents d'envoyer leur fils à Paris où il pourrait approfondir ses études. Mais la mort du professeur en 1917 enterra peu à peu ce projet. L'enfant prodige prit alors une voie qui le lancerait complètement sur la profonde mer des Lettres. Une mer dont les eaux reposeraient éternellement sur le fond musical réveillé par sa fibre artistique, marquant ainsi son oeuvre pour toujours. Lors de sa conférence "Théorie et jeu du duende", il déclara : "Tous les arts sont capables de faire apparaître le duende (démon intérieur), mais là où il rencontre le plus d'espace, là où il est le plus naturel, c'est dans la danse et dans la poésie récitée, car elles demandent un corps vivant qui interprète, car elles sont des formes qui naissent et meurent de façon perpétuelle et soulèvent leurs contours sur un présent précis." Dans l'article Divulgation, les règles de la musique, il s'exprime avec la même émotivité : "Avec les mots, on dit des choses humaines; avec la musique, on exprime ce que personne ne connaît ni ne peut définir mais qui existe plus ou moins fortement en chacun de nous. La musique est l'art pas nature. On pourrait dire que c'est le champ éternel des idées. "

Cette vénération pour l'art musical sera donc une constante tout au long de sa vie. En 1921, lorsqu'il apprend à jouer de la guitare, il fait part de son fervent bonheur pour la musique populaire espagnole dans une lettre écrite à Adolfo Salazar : "J'apprends à jouer de la guitare. Il me semble que le flamenco est l'une des plus gigantesques créations du peuple espagnol. J'accompagne déjà des fandangos, des peteneras, et les er cante des gitans : les tarantas, bulerias et romeras. Tous les après-midi, Le Lombardo (un gitan merveilleux) et Francisco de la Fuente (un autre gitan splendide) viennent me donner des leçons. Ils jouent et chantent d'une façon géniale, atteignant le plus profond du sentiment populaire."

La vie musicale de Federico Garcia Lorca a été orientée vers trois directions qui ont éclairé ses inclinations artistiques. Pedro Vaquero les définit comme suit : une première étape a eu lieu pendant son enfance, des années pendant lesquelles il a vécu entouré par une famille amoureuse de la mélodie. Le petit garçon s'amuse avec des chansons et des jeux populaires pour enfants de l'époque, et inspirés de la vie rurale; des expériences vécues au travers de sa famille, des domestiques, des bonnes et des habitants du petit village de Fuente Vaqueros. A propos de ce monde enchanté des premières expériences musicales de l'enfance, Garcia Lorca se montre déja adulte. Par rapport à la tristesse et à la mélancolie des nourrices espagnoles, il déclare : "Ce sont les femmes pauvres qui donnent aux enfants ce pain mélancolique, et ce sont elles qui l'emportent dans les maisons riches. La nourrice, femme pauvre, donne à l'enfant riche, en même temps que son lait sylvestre, la moelle du pays."

Pendant son adolescence, Federico s'éloigne de la musique populaire pour s'intéresser à la musique classique. Il découvre Beethoven, Mozart, Schumman, et plus tard, le nationalisme et l'impresionnisme musical de Glinka et de Debussy le séduisent. A partir de ce moment, il se consacre entièrement au folklore musical, d'une transcendance énorme dans sa vie et son oeuvre.

Cette dernière étape du retour au populaire est marquée par l'amitié qui le lie à son maître et ami Manuel de Falla. "Falla est un saint... un mystique... Je ne vénère personne comme je vénère Falla", admet Federico. A partir de ce moment là, le poète commence à pénétrer l'univers des chansons folkloriques. Il se met à étudier tout ce qui a été publié sur le folklore. Il connaît le Cancionero (recueil de poèmes lyriques) populaire espagnol de Felipe Pedrell, le Cancionero de Salamanca de Damasco Ledesma, le Cancionero de Burgos de Federico Olmeda, et beaucoup d'autres. Garcia Lorca commence à voir dans la culture populaire le meilleur bouillon de cultures pour ses réalisations artistiques et les revendique comme partie substantielle de l'identité nationale, réclamant leur valeur. Et en tant que membre de cette identité propre du peuple, il lance un cri d'appel et de renaissance à l'une des plus pures expressions populaires espagnoles et andalouses : le flamenco.
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# Posté le jeudi 01 juin 2006 18:38

Réinventation du Flamenco

Réinventation du Flamenco
La tentative de Garcia Lorca pour revaloriser le flamenco est liée à un sentiment nationaliste émergeant dans la musique de l'époque. L'influence de l'opéra italien sur la musique populaire créa une réaction de nationalisme populaire dans toute l'Europe. Les compositeurs se lançaient à la recherche de musiques ethniques. La musique andalouse et le flamenco devinrent le point de mire de nombreux musiciens nationalistes étrangers. Debussy se définissait comme le plus grand représentant de la musique impressionniste, une conception qui fait plus référence à un état émotionnel de l'esprit qu'à une méthode de composition musicale selon les normes canoniques. Plus tard, l'expressionnisme défait les principes créatifs de l'impressionnisme, le projetant vers une nouvelle distorsion esthétique. Ces nouvelles tendances rendent les musiques populaires et flamencas du sud très similaires, ce qui permet au flamenco de faire partie de la musique classique du moment.

Manuel de Falla, l'un des plus grands compositeurs de tous les temps, extrait l'essence rythmique du flamenco. Loin de lui donner un sens anecdotique, et loin des interprétations expressives superficielles, il transforme "l'inspiration issue du folklore et du flamenco en une transmutation sonore de validité nouvelle et universelle." Concernant le cante en tant qu'inspiration musicale, Falla suit la même voie que Federico Garcia Lorca dans sa redéfinition de ce même cante comme langage poétique. Le flamenco cesse d'être considéré comme anecdotique, un art de moeurs ou populaire uniquement joué dans les tavernes, pour acquérir de nouvelles valeurs culturelles progressistes et libératrices.

Alors commence à ressurgir un art "primitif andalou" qui était jusqu'alors limité aux populations les plus marginales de la société. Les modernistes permettent au flamenco de sortir enfin la tête des eaux marécageuses des tavernes et des jargons urbains où il se trouvait, pour commencer à recevoir une certaine considération. Federico, initié au flamenco depuis son enfance, se charge, à l'âge adulte, de lui donner un sens universel que personne ne lui avait auparavant donné. Garcia Lorca réinvente le flamenco, compris comme âme de l'Andalousie. Il crée des formes et des modèles nouveaux pour nommer un art déjà millénaire; il invente un nouveau langage grâce auquel il inscrit définitivement le flamenco dans la culture classique, mythique, méditerranéenne et universelle. Garcia Lorca situe le flamenco au même niveau que la tragédie grecque. Jean Cocteau, le grand poète, critique, dramaturge, cinéaste (et beaucoup plus encore) du début du siècle, rend magnifiquement compte de cette similitude dans son film "Le testament d'Orphée" où il utilise la luxure de la fête flamenca lorsqu'il désire exprimer le sens caché de la tragédie grecque.

Cette volonté de donner au flamenco sa transcendance comme musique populaire a également pour objectif de créer l'atmosphère propice à la création du Ier Concours de Cante Jondo qui s'est tenu à Grenade en 1922. Le groupe d'intellectuels du 27 aida à la réalisation du concours en reconnaissant le flamenco parmi les catégories artistiques qu'il défendait. C'était la première fois que les intellectuels se rangeaient du côté du flamenco. Lorca endossa le rôle de promoteur du concours, pour lequel il prépara quelques conférences au cours desquelles il demandait la participation du public, participation qu'il considérait comme un "devoir civique". Il insistait auprès du public pour qu'il fasse un effort afin de ressortir "le canto andalou primitif" des profondeurs du discrédit auquel il avait été destiné. Dans ce sens, il invite à une réflexion sur "l'incompétence culturelle qui avait ignoré le cante" : "Pendant que la Russie brûlait d'amour pour le populaire et qu'en France vibrait la vague de l'impressionnisme, en Espagne, pays presque unique dans ses traditions et ses beautés populaires, la guitare et le cante jondo étaient de mauvais aloi. Nous devons aux gitans la création de ces chants, âme de notre âme, les gestes rituels de la race, la construction de ces chemins lyriques par lesquels s'envolent tous les maux. Et depuis les trente dernières années et les leçons que nous en avons tiré, ce sont ces cantes, Messieurs, qu'on a voulu enfermer dans les tavernes malodorantes et les bars mal famés."

Le concours est l'apogée d'une époque au cours de laquelle aussi bien Falla que Garcia Lorca montrent un profond intérêt pour le cante jondo. Ils seront les deux seuls à créer des oeuvres en relation directe ou indirecte avec ce mode d'expression artistique. D'un autre côté, le nationalisme musical et les groupes intellectuels modernistes réunis autour de la "Génération du 27", donneront définitivement au flamenco une nouvelle considération morale, lui faisant gagner estime et respect.
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# Posté le jeudi 01 juin 2006 18:36